Somalie : l’ONU dans une impasse dans le dossier shebab

Le Conseil de sécurité est dans l’impossibilité d’utiliser le régime de sanctions appliqué à l’EI pour les shebab somaliens. Explication.

Devant le manque de résultats apportés par les troupes de l’Amisom, dépêchées en Somalie, ainsi que les forces nationales dans la lutte contre les shebab, les Nations unies réfléchissent à la possibilité d’appliquer la résolution 1267 à l’encontre du groupe djihadiste.

Cette disposition permet en effet de “durcir le jeu” face à une menace de plus en plus sanglante et de moins en moins gérable pour les populations et les autorités. Ce qui est le cas notamment de l’Etat islamique ou encore d’al-Qaïda sur d’autres fronts.

Impasse

Malheureusement, cette stratégie se heurte à une impasse de taille, révèle RFI, puisque le territoire somalien bénéficie actuellement d’une exemption humanitaire. Cette dernière permettant « aux organisations caritatives de travailler dans des zones contrôlées par les shebab, sans risquer d’être accusées de soutenir ou de financer indirectement les terroristes ».

Dans les faits, si les détournements d’aide humanitaire sont monnaie courante dans le pays, plusieurs ONG et anciens diplomates de la région poussent pour que “ce coup de pouce” persiste contre vents et marées. Et ce, malgré le contexte local épineux. En conséquence, la résolution 1267 a très peu de chance de voir le jour à court ou moyen terme.

La carte américaine

Néanmoins, les Nations unies comptent parallèlement sur les forces américaines pour assurer “le service après-vente”, car l’oncle Sam dispose de 5 bases militaires en Somalie. Et pour cause, après presque 30 ans “d’abstinence”, Washington a rouvert son ambassade à Mogadiscio au mois de décembre 2018. De quoi voir l’avenir plus sereinement, donc.

Pour rappel, le gouvernement central somalien résiste toujours tant bien que mal aux assauts répétés du djihadisme. Il le doit avant tout au soutien dont il bénéficie sur l’échiquier mondial auprès de l’ONU et de l’Union africaine, via le contingent de l’Amisom. Malheureusement, cela ne suffit pas ou plus.

Et pour cause, bien que les islamistes des shebab disposent d’une marge de manœuvre plus faible depuis 2011 et la perte de la capitale, ils restent malgré tout encore très actifs sur le territoire. Notamment dans de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides jusqu’à Mogadiscio.

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